Note d’intention

Le désir de créer Geek de Maxime Minault m’est avant tout suscité par le paradoxe qu’a ce texte de parler avec humour et tendresse à la fois de l’individu et de toute une génération : une génération étonnante d’émotions kontradictoires, comme s’amuse à le préciser l’auteur.
L’intrigue se déploie entre le rire et l’émotion et sans trahir le genre de la comédie romantique l’auteur parvient à s’en libérer en appliquant au récit des formes nouvelles de narration et des interactions propres au monde du jeu vidéo. La frontière entre jouer à la console et jouer au théâtre est tombée : le spectateur a le choix de son héros, un oracle nous informe de la progression de sa quête, les avances rapides et les flashbacks se succèdent.
Plongés dans un univers scénique pixélisé, les comédiens donnent vie à leurs personnages pour dépeindre dans un monde volontairement onirique le parcours du sentiment amoureux : de l’abstraction environnante émerge pourtant la vérité de l’amour.
De là à considérer le Geek comme le nouveau Romantique, il n’y a qu’un pas. Aujourd’hui dans notre société consumériste, il est souvent marginalisé, ses désirs peu ou pas satisfaits l’amènent au spleen et au désœuvrement mais contrairement à son aïeul romantique, la technologie lui permet d’apaiser son mal-être. C’est le cas d’Ernest, le personnage pivot de la pièce, qui ayant perdu son travail et sa femme s’isole dans les jeux vidéo et c’est toute la magie romantique de l’auteur de le conduire grâce et malgré cela à des retrouvailles amoureuses.
Gageons d’être à la hauteur de cette mise en abime aussi amusante qu’émouvante.

Nicolas Delas

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